ouverturephoto2018 effleure déjà sa fin. Je me suis à peine rendu compte des mois écoulés. Aussi je me demande ce que j’en ai retenu. Je n’échapperai pas aux bilans qui fleurissent ici et là sur la toile mais je souhaite du mieux possible m’éloigner de cette tentation.

***

En février dernier s’achevait l’une des expériences parmi les plus importantes de ma vie. Je quittais les éditions Zulma après six mois passés dans leurs locaux, enrichi personnellement de nouvelles rencontres tant littéraires qu’humaines, que félines et professionnelles. J’en suis sorti avec deux convictions : d’abord, la littérature et le livre ne sont pas morts.
J’ai assisté à suffisamment de rencontres en librairie pour voir que la lecture fait encore partie de ces moments d’évasion nécessaires à beaucoup de personnes et que ces lecteurs s’emparent véritablement des ouvrages : ils s’en emparent, les critiquent, les aiment et n’hésitent pas à le dire. Il suffit de voir l’enthousiasme ému de certaines lectrices quand elles rencontrent Auður Ava Ólafsdóttir pour s’en rendre compte. J’avais été bercé pourtant de prophéties pessimistes depuis les classes préparatoires, entendant que la littérature n’était plus ce qu’elle était et que les gens ne lisaient plus, que l’on ne publiait que de la soupe.
Ce qui m’amène à une deuxième conviction : non, les plus beaux livres du monde ne sont pas derrière nous. Je crois qu’ils se font en ce moment même et qu’ils se feront encore à l’avenir. C’est pour ces raisons que je crois profondément à l’édition indépendante, aux librairies indépendantes et à la presse. Sans ces trois corps, peut-être les livres nous donneraient l’impression de poissons sur le flanc, aux bouches qui s’entrouvrent faiblement dans leur asphyxie.

En février, je me suis retrouvé ainsi pour la première fois de ma vie sans activité. C’est-à-dire sans cours à suivre, sans mémoires à gratter, sans travail pour lequel me lever le matin. Aussi, j’ai eu l’idée lors du salon du livre de Paris de me lancer dans la conception de ce site car, si j’avais découvert quelque chose chez Zulma, c’était bien l’importance de plus en plus palpable des réseaux sociaux et des blogs : un accès à une information immédiate et gratuite qui tend à supplanter la presse traditionnelle. Depuis mars, je me suis jeté dans une frénésie de découverte et de curiosité, et j’ai passé de nombreuses heures à lire des livres qui font l’actualité littéraire du moment, à m’interroger sur les choix éditoriaux qui ont mené à la diffusion de ces ouvrages, à lire et à écouter la critique littéraire telle qu’elle se fait aujourd’hui et à découvrir des blogs tous intéressants pour diverses raisons.

Depuis mon plus jeune âge, je sais que je veux évoluer dans ces milieux dits littéraires, qu’il s’agisse des métiers de l’édition ou de la presse qui en traite. Cependant, entre le rêve et la réalité il y a parfois un gouffre colossal. Tandis que je me confronte à la réalité de la recherche d’emploi dans ce secteur, confronté à de nombreux processus de recrutement bien avancés et toujours recalé aux deuxièmes ou troisièmes places du podium (c’est la triste image qui me vient dans cette course et cette compétition à l’emploi) je me permets, un peu à cours d’idées, de vous demander à vous qui passez par là et qui me lisez, de ne pas hésiter à me contacter si vous connaissez des maisons d’édition ou des rédactions qui seraient prêtes à me rencontrer et à me donner une chance et ce même en freelance.

manreadingbook
Je me vois ainsi à son âge.

En effet, j’ai décidé en parallèle de cette recherche d’emploi de me lancer dans cette aventure du freelance ce qui m’amène à revenir vers le blog.
Je vais dans les prochains jours investir pour avoir mon propre nom de domaine. En effet, sans perdre de vision ce que je veux faire de ce Lisez Voir et sans réellement changer mes habitudes, je souhaite en faire une sorte de vitrine plus professionnelle sur laquelle le texte ne serait pas interrompu par d’immondes publicités (certaines personnes sont littéralement envahies par ces dernières quand elles viennent sur le site via smartphone ou tablette, d’autant que j’ai des doutes quant à l’utilisation des données de chacun).
Pour vous, ça ne changera rien. J’essayerai de ne pas perdre les différents liens qui renvoient actuellement à mes articles sous l’adresse actuelle. Peut-être ai-je un soucis avec le besoin de tout contrôler mais il est vrai que je ressens l’envie de faire quelque chose de plus agréable à l’œil, qui tienne encore un peu plus de moi et qui me ressemble davantage.

J’ai beaucoup réfléchi à cela ces derniers jours, à ce que je veux faire de Lisez Voir et mes conclusions tendent à cela.
Je continuerai également, de manière délibérée, à vous proposer en majorité des textes qui parleront de livres publiés chez des éditeurs indépendants et qui m’ont plu ou, du moins, ont apporté quelque chose à la réflexion que je tiens sur la littérature contemporaine. L’idée est de participer à leur visibilité et de vous donner envie de sortir des sentiers battus. Par ces derniers, j’entends les livres qui profitent d’une surexposition tant sur les tables des libraires que médiatique, imposée par la force de frappe de certains mastodontes de l’édition. Il est vrai que je préférerais le faire dans le cadre d’une revue en ligne ou d’un magazine car je ressens depuis quelques semaines les limites à travailler seul dans mon coin.
Ce sera d’ailleurs le prochain thème de mon « journal » Face A, que je continuerai car c’est dans ces articles que je me lâche un peu plus facilement dans l’écriture et j’ai notamment été marqué par une interview de Lançon lue un peu au hasard dans le magazine Lire.

J’ai également prévu trois articles. L’un sur Calme et tranquille de Valérie Manteau, qui sera probablement très court et sera plus une impression de lecture au sens strict du terme qu’une chronique qui s’orienterait vers la critique. Ensuite, selon un ordre qui dépendra de mon avancée dans les deux lectures parallèles que je mène actuellement, j’espère vous donner envie de découvrir Mais leurs yeux dardaient sur Dieu paru chez Zulma, un livre qui me fascine plus par la traduction, tenant selon moi du chef d’oeuvre, que par l’histoire et de Retour à Budapest, un livre à paraître chez Quidam le 4 janvier prochain dont la construction temporelle est à découvrir et que j’ai gentiment reçu.
Je sais que mes chroniques sont entièrement consacrées à des ouvrages que j’ai aimé lire et que je ne traite pratiquement pas de ceux qui m’ont plus ou moins déçu. C’est un choix renforcé par ma conviction que la « critique » d’un ouvrage reste quoi qu’on en dise subjective et que mon envie d’écrire sur quelque chose est avant tout motivée par mon plaisir d’en parler. Aussi, je ne me vois pas traiter de la faiblesse d’un livre (du moins sans que cela me soit imposé) car j’ai conscience de l’énorme mobilisation humaine qu’il y a derrière chaque ouvrage même le plus mauvais. Je choisis donc le silence par respect, du moins pour l’instant.

Citation insta
Je vais continuer à organiser Instagram en alternant entre photos et chroniques des livres, avec des citations présentée sous cette forme. Vous pouvez m’y retrouver en cliquant ici ou là.

Enfin, pour en finir avec cet article, je vais essayer de développer mes réseaux sociaux, qu’il s’agisse de la page Facebook, de Twitter (quelle horreur) et d’Instagram. C’est pourquoi je pense y décerner mes trois yeux (œil de bronze, d’argent et d’or) aux livres. Il s’agit d’un prix totalement subjectif, au jury composé de moi-même et de ma conscience. Ce sera une récompense symbolique évidemment mais l’idée de décerner une m’a toujours paru rigolote, surtout quand il s’agit de m’imaginer avec un œil en métal dans la main et annonçant au micro « le lauréat de l’œil de bronze est… ». Tant pis si ces livres n’auront fait rêver que moi.

Voilà, merci à vous si vous avez lu jusqu’au bout cet article un peu particulier. J’espère dans tous les cas qu’il ne vous aura pas barbé et que vous comprendrez un tant soit peu ma démarche et que vous pourrez peut-être en parler autour de vous.

Merci de venir me lire, ciao.

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Photo à la une : Brandi Redd
Photo du vieil homme : Jilbert Ebrahimi

12 commentaires

  1. Déjà bravo pour ces articles dont le caractère agréable et varié va avec l’intelligence de la lecture et la passion des œuvres lues. Je regarderai avec plaisir les mutations de ce blog et de son auteur.

    Aimé par 1 personne

  2. Oh, j’ai très hâte de voir ton nouveau site alors !

    Personnellement, c’est ce que je trouve intéressant dans ton blog, que tu nous parles de livres publiés par des maisons d’édition indépendantes. Tu verrais ma bibliothèque, il y a énormément de Folios, Le Livre de poche et autres Babel… Les seules ME indépendantes présentes étant majoritairement des essais ! Ca me change un peu les idées, moi qui me laisse encore influencer par les annonces de sorties des grandes… (enfin, pas par tout… Marc Levy, faut pas pousser)

    Et je comprends mieux d’où vient ta passion pour les éditions Zulma 😛

    Personne n’a essayé de te convaincre de ne pas aller dans le domaine littéraire ?

    En tout cas, j’attends de voir ton évolution avec impatience !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup Ada ! Je vais m’y atteler bientôt je pense. Peut-être faire les quatre articles d’abord. De toute manière rien ne presse 🙂

      Je suis heureux en tout cas que les livres proposés te fassent un peu voyager d’une certaine manière. Je vais essayer d’étendre mon champ de lecture afin de dégoter de nouveaux livres et de nouvelles ME !

      Oui, disons que ça a été un choc esthétique dans tous les sens du terme Zulma. En plus d’avoir pu rencontrer des auteurs incroyables comme Jean-Marie Blas de Roblès, Audur Ava Olafsdottir ou encore Dany Laferrière…
      Un moment important de ma vie quoi !

      Si beaucoup de gens, notamment mes profs au lycée. J’ai choisi le cœur plutôt que la raison comme diraient certains, mais c’est dommage que de nos jours une formation scientifique soit un choix de raison. On devrait avoir les mêmes possibilités dans les deux cursus (bien sûr, pas partout, mais il suffit de voir le nombre d’écoles supérieures pour les sciences dures en comparaison des sciences humaines).

      Bref vaste débat !

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      1. Ah ben de nouvelles ME à découvrir, avec plaisir ! 🙂

        Ahaha, tu viens justement de mentionner l’autrice qui m’a personnellement laissée de marbre : Audur Ava Olafsdottir. Mais si tu croises Zoya Pirzad un jour, préviens-moi. 😛
        Et j’imagine bien que ça a été un moment marquant de ta vie !

        Faut avoir les capacités de le faire, ce choix de « raison ». x)
        Ca devrait dépendre de nos capacités, pas des attentes des autres ! (personne ne m’imaginait ingénieur, c’est déjà ça, mais on m’a saoulée avec le commerce)

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        1. Ahah ! Oui Olafsdottir ses livres ne m’ont pas enchanté outre mesure non plus, mais elle reste hyper sympa dans la vraie vie :p. Zoya Pirzad c’est super, mais malheureusement elle a quelques problèmes avec le régime iranien…

          Je suis bien d’accord avec toi. Ah oui, le commerce, moi aussi on m’en a beaucoup parlé. Sauf que non, pas possible !

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          1. C’est déjà ça ! Oh, elle a des problèmes dans son pays ? Pas étonnant, mais quand même…

            Oui, manipuler la personne pour qu’elle achète le produit, merci mais non merci.

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  3. Bon courage avec ta recherche d’emploi (je suis impressionnée que tu aies bossé chez Zulma, ça a dû être tellement chouette comme expérience !

    Et j’attends de voir tes nouveaux projets avec impatience alors 🙂

    Aimé par 1 personne

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